Le tour des Annapurnas

 
Nous avions entendu parler de la randonnée du Tour des Annapurnas pour la première fois par un couple de français lors de notre année en Amérique du Sud. Ils avaient trouvé cette longue randonnée admirable à plus d'un titre et vantaient la diversité des paysages rencontrés et le confort tout au long du parcours. Cette discussion n'étaient pas tombée dans l'oreille de sourds...

Plusieurs options sont possibles pour réaliser ce trek : différents point d'arrivée, avec ou sans guide, avec ou sans agence... Nous avons choisi de faire le tour de Besi Sahar à Jomsom, sans agence et sans guide.Nous avions prévu de prendre un avion entre Jomsom et Pokhara, mais on a fini par prendre une jeep pour faire ce même voyage (non précisé à l'époque dans les guides de voyages).

De manière générale, une rubrique pratique se trouve en bas de page avec les principales informations sur ce trek.

Carte Trek

1er jour : Besi Sahar - Khanigaon
Arrivés à Besi Sahar en début d'après-midi, nous avons préféré rester dans cette ville avant de prendre la route. Alors qu'on s'attendait à un village pas très intéressant et un peu triste (une ville avec beaucoup de passage touristique mais peu d'arrêt), on a été agréablement surpris par l'emplacement et par les activités qui se déroulent sur la route principale : jeu d'argent, coiffeurs, réparation de pneu, restaurant...Le spectacle est assez sympa.

Le lendemain matin de bonne heure, sans hésiter, avant de mettre sur le dos nos sacs (11 et 15 kilos respectivement), nous prenons la jeep taxi qui nous fait gagner 2 bonnes heures de marche afin de rejoindre  Bhulbule. La jeep est pleine de népalais qui remontent dans leur village, en famille après un séjour à Katmandou. La route étant bien poussiéreuse et avec un trafic important de 4x4, nous ne regrettons pas notre choix. Arrivés à Bhulbule, après contrôle du permis de trek, nous commençons véritablement la randonnée sous les coups de 8h.

La vallée est assez encaissée, on ne voit pas de montagne, et le soleil ne pointe pas encore. On rencontre les premiers touristes sac à dos, et nous croisons les premiers népalais qui déambulent sur un trajet pratiqués pendant des siècles.

Sur le coup de 10h, nous rencontrons les premiers villages dans lesquels on aperçoit de jolies gargotes parfaites pour prendre un thé, déjeuner... On se rendra vite compte qu'il n'est pas nécessaire de planifier ses arrêts et que toutes les demi-heures, un point d'arrêt s'offre à nous (on n'en trouvera pas uniquement aux endroits ou en aura vraiment besoin... comme d'habitude).
Plantation en rizière Vallée de Bahudanda Vallée de Bahudanda
Rapidement, on commence à monter à travers les rizières, dans des paysages proches de ceux rencontrés au Yunnan. En cours de journée, on rencontre des paysans qui travaillent dans leur champ ou se rendent dans leurs parcelles. On voir aussi les premiers porteurs qui transportent du bois ou des hottes remplis d'herbes.

Le midi (ou plutôt vers 11h), c'est la pause syndical, et on s'arrête pour la première fois, transpirant comme des beufs étant donné l'humidité et la chaleur ambiante, heureux de découvrir le plat national, le Dal Bat (mélange de riz, lentilles et "autre chose" selon l'altitude, l'humeur du cuisinier, tout ca à volonté pour un prix unique, dans la pratique, une assiette est souvent suffisante).
Rizières
au chaud dans les rizières
Aprés le village de Bahudanda, nous décidons de continuer une bonne heure de plus, et nous nous arrêtons au village de Khanigaon, dans une guest house sympathique munie d'une douche chaude solaire, le luxe suprême de cette randonnée (toutes les guest house en sont dôtées jusqu'à Pisang). La guest house est toute simple, possède quelques chambres doubles. C'est largement mieux qu'un refuge français, avec un tarif fixe, comme pour la nourriture, et ce sera le cas tout le temps de la randonnée (l'organisation touristique qui gère le trek est vraiment remarquable).

On se couche vers 20h, aprés la rencontre d'un Rain Man tibétain capable de réciter tous les pays du monde dans l'ordre alphabétique...

2ème jour : Khanigaon - Tal

Aprés un petit déjeuner qui ressemble plus ou moins à un muesli, nous reprenons la route dans la fraîcheur matinale. Nous passons une fois de plus via un pont impressionnant sur l'autre rive de la Marsyangdi Nadi, rivière que nous allons remonter jusqu'à Manang.

Sur cette rive, rapidement, nous rencontrons une large glissement de terrain, qui rend l'ascension assez périlleuse, surtout pour Géraldine en raison de son vertige. Nous croisons de nombreux porteurs et mulles qui descendent dans notre direction, visiblement, il s'agit de porteurs travaillant pour des groupes de touristes.

Bon an, mal an, malgré le retard pris, nous arrivons à Jagat où nous déjeunons. Lors de la pause, nous croisons un autre touriste français en solo qui nous fait peur : il prévoit de ne faire qu'une étape là ou le guide en fait deux, et pour réduire son sac, il n'a pas pris de sac de couchage... Stratégie intéressante.
Les routes escarpées
Sur la route avec les porteurs
L'aprés-midi, alors que nous arrivons à Chamje, nous pensons pouvoir encore pousser un peu, afin de gagner un peu de marge sur notre planning. On se dit qu'entre Chamje et Tal, on trouvera bien un endroit pour dormir, ca a l'air si facile ! Le piège se referme sur nous, car exténués, vers 16h, on s'arrête dans une guest house vers Sattale. Mais on remarque rapidement que les fenêtres ne ferment pas et à cette altitude (1680 m) il commence déja à faire froid la nuit. Nous préférons partir de cet endroit un peu moisi malgré la fatigue en faisant le pari qu'on trouvera un endroit mieux au prochain village. Evidemment ce n'est pas le cas, et on se retrouve à 17h (il fait nuit à 18h), crevés, en bas d'une pente raide qui nousn force à utiliser Ovomaltine et mettre les bouchées doubles afin d'arriver à Tal avant la nuit.

A l'approche de Tal, on croise un porteur de planches de bois qui nous impressionne , juste avant d'être impressionné par la route!
Le village de Tal est assez grand pour nous permettre de trouver une guest house sympa, faire un bon repas et aller direct au lit!
Tal
Tal Tal

3ème jour : Tal-Koto

Malgré la fatigue de la veille, on arrive à partir tôt le lendemain, la fleur au fusil. Finalement la longue et pénible journée précédente ne semble pas avoir laissé de traces.

Le paysage devient de plus en plus alpin, et sans voir les montagnes, on sent qu'elles ne sont pas loin. On traverse des villages tout en pierre, et on assiste à des scènes assez loufoque, comme celle où les paysans essaient de faire traverser un pont suspendu à un buffle. On passe presque une demi-heure à les observer faire. On rencontre les premières boulangerie qui proposent des especes de cakes et autres gateaux aux pommes, finalement pas si mauvais que çà. On croise de nombreux porteurs, dont un qui nous impressionne en particulier car il porte 80 kilos. Finalement la paye est correcte : 40 euros pour porter son attirail de Besi Sahar à Chame en 3 jours soit le salaire mensuel d'un prof. On arrive à pousser jursqu'à Danakyu pour déjeuner (umhhh les pommes de terre sautées).
Le buffle traverse le pont suspendu
80 kilos pour le porteur
Aprés ce déjeuner roborratif, on reprend la route en direction de Timang ou on pensait passer la nuit. Mais on a tellement la patate qu'arrivait là, une fois de plus, on se dit que c'est dommage de passer l'aprés-midi à se reposer, alors qu'on pourrait gagner quelques heures de marche. Du coup on continue, avec maintenant le paysage des montagne (massif du Manaslu).

Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, on se retrouve dans un plan ou on ne trouve plus de guest house sympa quand on veut s'arrêter et on est obligé de continuer jusqu'à Koto, village ou nous arrivons à la tombée de la nuit. Heureusement, on trouve un hotel rtés sympa, chaud et accueillant, avec une douche chaude!
Vue sur le massif du Manaslu
Cuisine typique tibétaine a koto

4ème jour : Koto-Upper Pisang

Le réveil du quatrième jour est plus délicat, et nous commencons à regretter les deux grosses journées que nous avons enchainées. Nous traversons le gros village de Chame qui est juste à côté de Koto, qui possède accés à internet, bar/boîte de nuit ambiance reggae... no comment.
Mur de mani à Chame
Shorten à Chame
Pendant cette journée, la route et le paysage ne nous transperce par par leur beauté, sans doute le contre-coup de la fatigue. Cependant la route à quelques endroits a été creusée dans la paroi, et c'est trés spectaculaire.
Route creusée dans la paroi
En route vers Pisang
L'arrivée à Pisang est douloureuse, car les premiers effets de l'altitude se font sentir (Pisang est situé à 3200m). Lower Pisang est une grosse bourgade principalement composée de guest house. Pour accentuer un peu la fatigue, nous décidons de pousser l'acclimatation 100m au dessus en allant dormir à Upper Pisang, et d'emprunter la rive Nord du Marysangdi Nadi qui offre des altitudes plus élevées et surtout un panorama inégalable sur le massif des Annapurnas.

Le soir, le froid s'installe, et le poele fait son apparition dans la salle à manger...

5ème jour : Upper Pisang-Ghyaru

Nous avons souhaité profiter de notre avance relative sur le planning pour commencer l'acclimatation avant Manang. Nous avons donc décidé de partir le matin en direction du camp de base du Pisang Peak.

La marche sans sac à dos est trés agréable aprés une nuit correcte. Le temps est comme depuis le début de la randonnée trés beau. Sur cette portion du trek, on se sent vraiment seul car trés peu personnes effectuent ce "side trip". En fait, on ne croise qu'un petit groupe de français en 4 heures. Dés qu'on quitte la forêt au-dessus de Pisang, les vues sur les Annapurnas (notamment Annapurna III) sont magnifiques, c'est le véritable premier parnorma de la randonnée.
Panorama
Panorama sur le massif des Annapurna au-dessus de Pisang
Gros plan sur le massif Annapurna Upper Pisang
Au bout de 3 heures, vers 4000m, le camp de base du Pisang Peak n'est toujours pas en vue par contre l'altitude commence à jouer. Prudemment, on décide de faire demi-tour, sachant la route qu'il nous reste à faire. On redescend donc vers la guest house d'Upper Pisang, ou nous nous arrêtons prendre notre Dal Bat quotidien, puis on reprend la route l'aprés-midi en direction de Ghyaru, sacs sur le dos. La route nous fait resdescendre encore 100m, puis remonte aprés avoir passé un pont suspendu par un chemin en zig-zag. En fin de cours, une bruine nous gagne, et les derniers mètres sont assez pénibles. Enfin, on arrive a Ghyaru vers 16h30, pour constater que les deux modestes guest house sont pleines. Aprés discussion, on arrive à récupérer une chambre utilisée d'habitude par les porteurs. On est assez heureux de ne pas avoir à redescendre.
Pont suspendu vers Ghyaru
Le village de Ghyaru - retour auy Moyen-Age Ghyaru
Le soir, on visite rapidement le village, qui est complètement différent de ceux qu'on a vu jusque là. Les maisons sont toutes en pierre, le dénument est assez extrême, pourtant nous ne sommes pas si loin de l'axe touristique majeur du pays.

6ème jour : Ghyaru-Manang

Le lendemain, direction Manang ! La route n'est pas trés amusante, à part la traversée du village de Nawat, trés similaire et proche de Ghyaru et pourtant sans cette impression qui régnait hier. Les vue sont toujours trés impressionnantes, et on commence à apercevoir le fond de la vallée.
Sortie de Ghyaru
Entre Ghyaru et Nawat Vue sur Ghyaru et le Pisang Peak
Ghyaru
Le fond de vallée : Manang et le Tilicho Peak Moulins de prières a Nawat
Aprés 3 heures de descentes, on retrouve le chemin principal qui va de Pisang à Manang. On s'arrête pour prendre un Dal Bat rapide. Manque de chance, le cuisinier est super lent... ca nous donne au moins l'occasion de constater le nombre impressionnant de randonneurs qui passent devant nous en 1h30. Le déjeuner à peine englouti, on reprend la route vers Manang. Sur le chemin, on croise nos premiers yaks et on passe devant le monastère de Braga.
Yak a Braga
Braga Yak
Le village de Manang, bien que l'un des plus éloigné de toute route goudronnée, est un gros bourg qui regorge d'hôtels confortables, de restaurants avec cartes bien garnies et d'échoppes ou on peut trouver tout l'attirail de contrefaçon pour aborder le col du Thorung La dans les meilleures conditions.

7ème jour : Manang (acclimatation)

Comme le veut la coutume, nous restons 1 journée/2 nuits à Manang afin de profiter d'une chambre confortable, recharger les accus et prolonger l'acclimatation (Manang est située à 3500m d'altitude). Mais on ne fait pas que se gaver de steaks de yak (d'ailleurs pas terribles) ni de cakes au chocolat, on va quand même se ballader : visite du monastère de Braga (on le trouvera fermer...) et ascension vers le point de vue sur la vallée en direction du glacier Gagapurna à 4000m.
Lac du glacier Gangapurna
Au-dessus de Manang : acclimatation Porteur chargé à Manang
L'objectif de notre journée est aussi de trouver un guide pour le lendemain. Notre objectif étant d'atteindre le Lac Tilicho. Nous n'avions pas besoin de guide depuis le départ de la randonnée, mais sur cette partie, on nous a conseillé d'en prendre un : la route étant moins évidente et assez vertigineuse, c'est intéressant d'avoir avec nous une personne qui connait la route et aussi d'être trois pour porter les sacs (un guide peut porter 15kg sans problème et décharger Géraldine qui souffre du vertige). Ce n'est pas difficile à trouver grace à l'hôtel, et il nous demande 15€ par jour pour 3 jours : Manang-Tilicho base camp, Tilicho base camp-Tilicho Lake-Nouveau refuge entre le camp de base et Khangsar, Nouveau refuge-Yak Kharka.

8ème jour : Manang-route du Tilicho lake-Yak Kharka
On part tôt le matin, accompagné du guide. Ca nous fait bizarre de marcher à trois, mais comme le guide n'est pas trés causant, il passe presque inaperçu. On a pas l'impression de trop le ralentir... c'est satisafaisant. On s'élève à bon rythme au-dessus de Manang, on fait une pause thé à Khangsar, et on arrive au nouveau refuge pour le Dal Bhat du midi, devant un DVD de clips indiens devant lesquels les différents guides présents se rincent les yeux.
Vue sur Manang au petit matin
Le massif du Tilicho Le passage critique
Aprés le déjeuner, on continue à monter, mais au bout d'une heure on rencontre le premier passage un peu "chaud" (photo à droite). Au milieu de la montée, Géraldine n'arrive pas à enjamber le couloir de l'éboulement. Aprés plusieurs tentatives, on est contraint de faire demi-tour : ca ne passe pas. On évalue les différentes possibilités : rentrer à Manang, ou bien continuer en direction de Yakharka (par une route non signalée sur la carte, et possiblement vertigineuse). Malgré l'heure tardive, on décide de ne pas rester sur une défaite et de partir vers Yak Kharka.

La marche s'avère trés longue et un peu difficile lorsqu'on rejoint la vallée de Yak Kharka. Finalement, on atteint le village en fin de journée, épuisés. Le guide ne trouve rien de mieux que de nous amener à la guest house située la plus en altitude en direction de Ledar.
La vallée de Yak Kharka
Géraldine avant l'arrivée de nuit à Yak Kharka

Malgré un a priori négatif, on part une excellente soirée avec l'un des meilleurs repas de la randonnée, et un poële qui chauffe magnifiquement bien.
La nuit n'est quand même pas trés calme, car on doit se battre toute la nuit avec une souris qui arrive a renifler le chocolat des barres d'ovomaltine à travers leur emballage, un sachet plastique hermétique au beau milieu des sacs à dos. Le bruit du rongeur nous réveille en pleine nuit plusieurs fois, et nous devons lutter pour protéger notre trésor...

9ème jour : Yak Kharka - Base Camp (High camp)
Le lendemain, on émerge trés tard, assez crevés. On quitte notre guide et les propriétaires de la guest house en se remettant en marche vers le camp de base du col Thorung La. Partant de Yak Kharka à 4000m d'altitude, l'objectif est de passer la dernière nuit avant le col à 4500m (le col est à 5416m).
Avant Ledar
Vue sur les Annapurnas depuis Thorung Phedi
En fait, grâce à l'acclimatation, l'altitude ne nous pose pas de difficulté et on rejoint le camp de base du Thorung Phedi pour déjeuner.

Nous ne pensions pas arriver aussi rapidement, si bien que pendant le déjeuner nous évaluons l'option d'aller coucher au camp supérieur situé à 4925m. En fait, la plupart des gens déconseille d'aller dormir là-haut en raison de l'altitude (et du froid), mais d'un autre côté, cela réduit d'autant la monstrueuse journée du lendemain, la plus longue et la plus difficile de la randonnée. Comme nous sommes assez en forme, on décide de continuer à avancer.

La pente vers le second camp de base est trés raide, mais, petit à petit, nous la gravissons, et en à peine une heure, on grimpe les 500m d'altitude.
Avant d'arriver au second camp de base
Vue depuis le camp de base En direction du Thorung La
Le refuge est assez sympa, et on se prend d'amitié avec un groupe de polonais. On est aussi à côté d'un groupe de français pas tout jeune, et on est impressionné par leur forme physique, mais avant qu'on ait le temps de se tourner vers eux, on les surprend en pleine conversation sur les impoôts... c'est déprimant d'entendre ça à 5000m d'altitude, parfois on préférerait de ne pas comprendre le français.

Alors que le temps à toujours été sec pendant les 10 derniers jours (à l 'exception de quelques gouttes à Ghyaru), on tombe dans une tempête de neige qui se met à souffler vers 18h. On est assez inquiet pour le lendemain, mais tous les guides ont l'air confiant sur le changement de temps d'ici demain.
Chambre au base camp
La neige au base camp
Reste à fixer l'heure de départ du lendemain : plusieurs stratégies s'opposent ... Les adeptes du lever trés tôt (la plupart des guides népalais) préférent partir de nuit quitte à utiliser une lampe frontale et à braver le temps trés froid, l'important est d'arriver tôt au col pour ne pas avoir trop de vent et ne pas arriver trop tard à destination. Les autres (nous), préférons partir avec le lever du soleil qui réchauffe rapidement l'atmosphère pour ne pas se geler.

10ème jour : Base Camp (High camp) - Muktinath
Comme convenu on part avec le lever du soleil pour passer le col, et le temps est redevenu trés clair.
Paysage au lever de soleil depuis le base camp
Les porteurs et les mules en direction du col Géraldine en direction du col Thorung La
Dés que les premiers rayons du soleil viennent sur nos épaules (en plus des sacs), on se gèle un peu moins, mais la première heure est vraiment difficile pous les mains (on  a acheté des trop petits gants à Manang). Mais surtout, l'altitude pèse vraiment, et on est obligé de s'arrêter quelques instants tous les quart d'heure (puis toutes les 5 minutes) pour retrouver son souffle.
Sur la route du col
Ca y est nous sommes au col Au col
Aprés 3 heures de marche, nous arrivons épuisés, mais heureux, au col. On est surpris d'y trouver une tea house, et, de manière incroyable, on s'assoit pour y savourer un thé délicieux à plus de 5400m d'altitide !

Panorama sur la vallée de Muktinath


Rapidement, on reprend la route vers Muktinath, qui est réputée longue, surtout qu'il n'y a pas d'endroit ou s'arrêter jusqu'à destination.
En tout cas, le paysage change radicalement : les montagnes ont l'air trés sèche en direction de la nouvelle vallée. La route s'avère incroyavblement longue, et on ne compte plus les heures avant d'arriver à la première guest house au-dessus de Muktinath.
Vers Muktinath
Vers Muktinath Vers Muktinath

Les dernieres demi-heure jusqu'à Muktinath se font le nez dans les chaussures, virage aprés virage... on a l'impression que ca n'en finit jamais... Même à Multinath, on pense être arrivé en voyant le monastère qui fait la célébrité du village, mais non ! On retrouve ici le premier gros village depuis Manang. Suivant le groupe de polonais avec qui nous avons passé le col, on passe la soirée dans la guest house Bob Marley, ca ne s'invente pas, et space cake pour dessert !

11ème jour : Muktinath - Kagbeni
Aprés un réveil difficile, on arrive quand même à reprendre la route vers 10/11h, le temps d'acheter quelques souvenirs sur les étals des marchands. En traversant les villages en direction de Kagbeni, on se rend compte à quel point cette vallée est plus développée que celle de Manang. On ne tarde par d'ailleurs à retrouver des routes et des voitures et la poussière qui les suit. Aprés 10 jours sans voitures c'est un choc ! On se force à marcher quand même jusqu'à Kagbeni, malgré la route et le vent. On croise également beaucoup de marcheurs pour qui Muktinath représente le point final de la remontée de la vallée de la Kali Gandaki.

On aperçoit sur la droite la vallée "interdite" du Mustang et sur la gauche les Nilgii Hills et le fameux Daulhagiri.
La valée du Mustang dans le fond depuis Muktinath
Le Dhaulagiri Vers Muktinath

A Kagbeni, on trouve une ville assez agréable, trés développée et surtout hyper venteuse : en fait le vent souffle trés fort dans toute la vallée l'aprés-midi, ce qui rend la marche sur la route poussièreuse trés désagréable, et on nous conseille d'attendre le lendemain ou de prende une jeep (même les porteurs font la même chose). On décide donc de passer la nuit ici.

Le mc do de Kagbeni
La vallée désertique du Mustang

12ème jour : Kagbeni-Pokhara
En partant ce matin, notre objectif n'est que Jomsom, d'où nous devons prendre un avion pour Pokhara. Mais notre aventure écourtée au Tilicho fait qu'on est trés en avance sur notre objectif avec 3 jours d'avance.
D'autre part, on s'est bien rendu compte que depuis le passage du col, nous ne sommes plus dans la même ambiance : les voitures sont trés présentes dans le paysage et la poussière est omni-présente.
Enfin, en discutant avec les guides présents dans la guest house, on apprend qu'un service de jeep, en plusieurs étapes, permet de rejoindre la ville de Béni (et avec un peu de chance Pokhara) en une journée. On n'a jamais lu cette information dans aucun guide... on est septique, mais la perspective de marcher sous le vent et la poussière nous pousse à tenter le coup.

En fait, c'est un voyage incroyable, car les jeeps sont presque uniquement uitilisés par les népalais : porteurs qui rentrent en ville, famille qui quittent définitivement le Mustang pour se rendre en Inde en quête d'une vie meilleure, blessé qui se rend à l'hôpital. De plus, la route est trés impressionnante entre la paroi de la montagne et l'apic.

Cette route est donc trés éprouvante, mais on se réjouit à chaque fois qu'on voit des marcheurs mettre leur foulard sur la bouche sur notre passage... on n'aurait jamais supporté cette torture ! Sur un passage long de 2 kilomètres, la route est coupée par un effondrement de terrain ("la montagne est tombée"), mais malgré le vertige, on peut passer à pied et rejoindre d'autres jeeps qui attendent un peu plus bas.

En conclusion, si on loupe beauoup du paysage, et qu'on est complètement crévé à la fin de la journée, l'option jeep est trés intéressante pour rencontrer bizarrement des népalais!

On arrive à Béni vers 16h, juste à temps pour prendre le dernier bus de la journée en direction de Pokhara...


Quelques conseil et informations :
- Si la randonnée Besi Sahar vers Muktinath est longue est difficile physiquement, elle est beaucoup plus intéressante que la partie Tatopani-Muktinath en raison de la route
- Grace au service de jeep, il est complètement inutile (et coûteux et peu sûr à caude de la météo) de réserver un billet d'avion Jomsom-Pokhara.
- Le permis de trek s'obtient trés facilement en passant par une agence de Kathmandou. Nous recommandons une agence présente dans Tamel : Austravel & Tours .
- Concernant les guides : sur la route principale, le guide est inutile. Dés qu'on veut s'écarter du chemin principal, il est conseillé d'en prendre un.
- Ce n'était pas clair pour nous avant de partir, mais il n'y a jamais aucune surprise sur les prix pendant le trek : chaque guest-house possède un menu ou les prix (fixés par l'office du tourisme) sont indiqués. Les prix des chambres et de la nourriture monte avec l'altitude, mais 10€/pers./jour tout compris permet de faire le tour confortablement.
- Même pendant la trés haute saison, le monde est supportable et il y a une explication à cela : comme tout le monde fait le tour dans le même sens et peu ou prou à la même vitesse, les gens qu'on rencontre sont ceux qu'on double ou qui nous double, ou les porteurs qui descendent.
- Prévoir des vêtements chauds pour le passage du col, il ne faut pas être mal équipé ce jour là.
- Pas besoin d'énorme sac de couchage : on dort sous un toit tous les jours, et la température à l'intérieur ne doit pas descendre en dessous de 0.
- Même si on peut dormir dans un peu n'importe quel village, c'est parfois au prix du confort !

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